D’entrepreneur à succès, maintenant ange investisseur et mentor, tout est basé sur la passion pour Mike Cegelski, qui a remporté le prix d’ange investisseur de l’année 2015 au Canada. Ce prix décerné par l’association nationale des Business Angels au Canada (la NACO) est remis au Business Angel s’étant le plus illustré du point de vue investissement, mentorat et implication dans la communauté entrepreneuriale. M. Cegelski, un membre d’Anges Québec, s’implique là où ça compte et où il apporte une valeur tangible.
En tant qu’investisseur et mentor, Mike s’est engagé auprès de plus de 30 compagnies depuis les 10 dernières années, visiblement impliqué dans la communauté des anges investisseurs, que ce soit via Anges Québec ou plusieurs autres initiatives. Favoriser l’esprit entrepreneurial demeure sa vocation !
Parcours professionnel
Je suis un entrepreneur en série. Donc, j’ai d’abord démarré une entreprise que j’ai gérée pendant 15 ans puis je l’ai vendue. J’en ai par la suite démarré une autre deux ans après pour la vendre également une dizaine d’années plus tard.
Je pense qu’à un certain moment, j’ai réalisé que je ne voulais plus m’impliquer dans les opérations et que je ne voulais plus gérer l’entreprise moi-même et j’ai décidé d’aider les autres. Comment les aider ? En investissant financièrement et en m’investissant personnellement, via du mentorat, du coaching ou simplement du support stratégique. C’est une autre étape de ma vie.
Pourquoi êtes-vous devenu Business Angel ? Depuis combien de temps réalisez-vous cette activité ?
Je suis devenu Business Angel d’abord parce que je voulais rester impliqué dans le monde des startups et de l’entrepreneuriat. Ensuite, parce qu’avec mes connaissances dans ce domaine, je voulais utiliser ces acquis comme effet de levier pour aider des entreprises. Être Business Angel me permet d’investir, de rencontrer des gens intéressants, de rester bien connecté avec la communauté d’affaires et de créer un beau réseau. C’est un véhicule très intéressant pour des gens comme moi ayant réussi en affaire dans la vie et voulant passer à la prochaine étape. Il y a 10 à 15 ans, quand j’ai commencé comme Business Angel, ce n’était pas très organisé. On était des petits groupes de 2 à 3 personnes qui faisaient de leur mieux pour aider les compagnies.
Aujourd’hui, avec les organisations de Business Angels comme Anges Québec, c’est extrêmement intéressant pour des gens comme moi car c’est très bien géré.
Avez-vous des secteurs d’activité de prédilection ? Si oui ou non pourquoi ?
J’investis dans ce que je connais. Je m’implique là où je peux apporter de la valeur. Je viens du monde des TI et des télécommunications, et c’est là que je peux apporter le plus de valeur. C’est à mon avantage car je connais les technologies, j’ai le background et les contacts qui peuvent aider les entreprises que je finance. C’est sûr qu’un Business Angel devrait rester le plus possible dans les milieux qu’il connait.
Avez-vous quelques conseils à prodiguer aux Business Angels français (pour faire le bon choix d’investissement, pour bien accompagner ses participations, pour sortir du capital d’une entreprise et faire de la plus-value…)
Encore une fois, restez dans les domaines que vous connaissez. N’essayez pas de trop vous diversifier dans différents secteurs d’activités. Ensuite, concentrez-vous sur quelques investissements par année, parce qu’il faut suivre et accompagner les entreprises. Si on en fait trop, on se dilue, on perd le focus et on devient moins utile à chaque compagnie. Soyez proches des entrepreneurs et essayez de les comprendre, parce que ce sont les gens qui sont importants. Oui, les systèmes et le modèle sont primordiaux mais ce sont de jeunes entrepreneurs qui ont besoin d’aide et il faut être là pour eux. C’est la clef selon moi.
Quel est votre avis sur l’évolution du Business Angels : profil bénévole versus professionnel ?
Ce qui est intéressant dans le profil bénévole c’est le côté mentorat, c’est-à-dire passer du temps avec l’entrepreneur. La réalité, c’est que si on prend uniquement une approche financière ou très professionnelle, ça ne fonctionnera pas. C’est-à-dire qu’on ne deviendra pas un bon Business Angel ! Il faut avoir la volonté de redonner à la communauté d’entrepreneurs et à ces entreprises qui ont besoin d’évoluer. Je dis toujours à l’entrepreneur que la vente de son entreprise, c’est juste une mesure de succès, mais ce n’est pas le succès. La vraie mesure de succès est de faire croître une compagnie. Il faut les accompagner dans ce modèle et ne pas toujours penser à l’exit et à l’argent. C’est pour ça qu’on se donne beaucoup comme ange. On ne reçoit pas un salaire et le résultat est seulement à la fin, mais il ne faut pas penser simplement au résultat au côté financier à la fin, le chemin pour s’y rendre est beaucoup plus valorisant en permanence.
Propos recueillis par Caroline Pelletier.







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